Zones tampons (1): les bandes enherbées

Principe
 

  • Ralentissement du ruissellement car rugosité de la surface augmentée
  • Favoriser la sédimentation des particules de terre
  • Favoriser l’infiltration dans le sol
  • Permettre la rétention de surface des produits peu solubles
  • Dégradation de pesticides car activité biologique importante
  Objectif
  Réduire les transferts de produits phytosanitaires par ruissellement, en intervenant tant sur les volumes que sur les concentrations et les flux. Une bande enherbée d'au moins 6 mètres intercepte 85 % des transferts de produits phytosanitaires, à condition qu'elle soit bien conçue.
  Point technique
 


Les caractéristiques recherchées


Un couvert végétal avec une :

 
  • implantation facile et rapide
  • couverture végétale la plus homogène possible
  • bonne longévité
  • bonne résistance à l'envahissement des mauvaises herbes
Les principaux effets d'une bande enherbée
 

-Sédimentation et filtration de l'eau de ruissellement.

-Rétention physico-chimique de surface : les débris végétaux de surface et l'humus superficiels fixent les substances organiques et minérales.

-Infiltration

-Dégradation des résidus organiques et des produits phytosanitaires par l'activité biologique de la bande enherbée. Interception de la dérive de produits phytosanitaires.
 

 


(source :CORPEN)

 

Où l'implanter ?
 

Les dispositifs doivent être placés en position d’intercepter le ruissellement diffus ou concentré émis par les parcelles cultivées. Un diagnostic des voies de circulation de l’eau permet de choisir la meilleure localisation en fonction du type d’écoulement, du parcellaire (pente…) et du réseau hydrographique.  

L’implantation le long des cours d’eau n’est pas forcément optimale !

 



(source : CORPEN)
Dans les parcelles (1), ou en bordure avale de celles-ci (2), des bandes enherbées implantées transversalement à la pente interceptent le ruissellement diffus.

Dans les parcelles en "dévers", le dispositif peut être implanté dans la zone où les ruissellements se concentrent (3).

Dans les vallons cultivés, voies de concentration des écoulements, un chenal enherbé (4) ou une prairie (5) constituent également des dispositifs enherbés.

Enfin, en aval, les bandes enherbées peuvent être implantées le long des cours d'eau (6).
Quelles dimensions ?
 
Quelques règles donnent des ordres de grandeur à adapter localement :
 
-si ruissellement diffus  et versant court < 100m : une bande de 10 mètres

-si ruissellement diffus  et versant >100m : une bande de 20 mètres minimum  

-si ruissellement concentré dans un vallon cultivé : chenal enherbé remontant dans le vallon de façon à ce que le bord situé du côté du champ soit rectiligne.

-si parcelle en bord de rivière : bande de largeur variable  

NB :  les bandes de 12 à 18 mètres réduisent le flux de pesticides respectivement de  90 à 96%  (Viaux, 1999).
       
De façon plus générale, les bandes enherbées doivent être de plus en plus larges que :
 
-les conditions sont plus érosives,

-la pluviométrie est forte et brutale,

-la surface de la parcelle est grande.

NB : Si la parcelle est un gel PAC localisé,une largeur minimale doit être souscrite (10m) .
Choix de l'espèce
 

L'espèce dépend du climat, du sol, des périodes de semis possibles, des exigences agronomiques (entretien, longévité...).

-les graminées (Ray grass anglais) : elles ont l'avantage d'occuper rapidement le sol avec une densité de végétation importante, mais elles sont sensibles à la sécheresse.

-les légumineuses comme le trèfle blanc germent rapidement mais ensuite elles se développent moins vite que les graminées. De plus, implantation possible uniquement au printemps avec un travail du sol et de semis plus exigeant que pour les graminées.

Quelles espèces choisir?

Plusieures firmes commerciales proposent des mélanges ou des espèces pures.

Si le sol est superficiel et naturellement peu enherbé : peuvent être implantées des paturins et des Fétuque (à levée plus difficile).

Si les conditions sont plus favorables : le Ray-grass anglais est bien adaptée.

Implantation et entretien
 
Implantation

-semer un couvert végétal homogène, de densité régulière et de grande longévité pour éviter l’envahissement par les mauvaises herbes,           

-préférer les graminées aux légumineuses car elles offrent une densité importante donc une rugosité intéressante pour ralentir le ruissellement,  

-préparer le sol de préférence perpendiculairement à la pente (sauf pour les chenaux enherbés),

-choisir la dose de semis conseillée pour les prairies permanentes,       

-si possible, semis à la volée suivi d’un passage à l’aide d’un instrument type rouleau pour faciliter la levée.  Les meilleurs résultats sont obtenus avec les semis d'automne et une densité de semis de 30 à 40 kg/ha.
Entretien

 Il doit favoriser la pérennité de la bande enherbée, éviter son envahissement par les mauvaises herbes, respecter la faune.

L’entretien peut être réalisé par fauche (1 à 3/an), broyage, pâturage ou désherbage sélectif selon la réglementation en vigueur.  

Dans les zones à forte érosion, la bande enherbée peut être envahie par des particules de terre après des épisodes violents de ruissellement : il faut tenter de répartir de façon homogène la terre par des passages à la herse étrille.

Il faut respecter les bandes enherbées :

-arrêter le désherbage en bout de rang pour la survie du couvert.

-arrêter toute application de produits phytosanitaires en bout de rang pour la préservation du milieu naturel.
Encore plus efficace : la bande enherbée associée à un talus/haie
 
Les effets de ces systèmes sont les suivants:


- rétention de la terre érodée qui se dépose au contact de l'herbe et de la haie,

- infiltration par ralentissement et infiltration de l’eau,

- alimentation des nappes : l’enracinement de la haie et du talus crée des chemins préférentiels pour l’infiltration par fissuration du sol.

- épuration des eaux .

Un élément essentiel : enherbement des tournières et fossés
 

L’enherbement des tournières, charrois et fossés  représente une priorité, facile à mettre en œuvre.

cf : fiche Entretien des bords de champs

 

 

 

 

  Points forts de la technique
 
Lutte contre les ravageurs et les maladies Abris pour des espèces utiles
Agronomie Maîtrise de l’envahissement des parcelles cultivées  
 
Absence d’ombrage et d’obstacle physique

Possibilité de manoeuvre du matériel agricole, accès facilité aux îlots de culture

Facilite l’accès au fossé pour son entretien  
Environnement Réduit l'érosion et le ruissellement  
Diminue les risques de pollution des eaux par les pesticides et les engrais.

 Ralentissement de l’écoulement par l’herbe qui favorise la sédimentation des particules solides et des résidus qui s’y sont fixés

Infiltration favorisée car la zone racinaire, milieu bien structuré, favorise la rétention puis la dégradation de substances et limite ainsi leur transfert vers les eaux profondes

Fixation des substances par la surface enherbée, riche en humus  

Rétention par adsorption d’une grande partie des matières en suspension de l’eau provenant des parcelles en amont  

Dégradation des produits phytosanitaires grâce aux micro-organismes du sol  


Réduction des transferts de minéraux dans une moindre mesure (la largeur des bandes enherbées accroît cette efficacité)  

Limitation des pics de concentration qui apparaissent lors des épisodes pluvieux

Enrichissement du paysage

  Limites envisageables
 

Efficacité réduite lorsque :
- le débit du ruissellement est trop important (fortes précipitations, épisodes pluvieux successifs, etc.)
- la surface en herbe souffre de la sécheresse
- la largeur de la bande est réduite par la rétention de matières en suspension

Action principale sur le ruissellement superficiel.

Peut être "court-circuitée" par des collecteurs (rus ou fossés)
 Surface mobilisée et perte de récolte
Possibilité de relargage des produits lors d’un épisode pluvieux assez long ou d’une lame d’eau ruisselant à la surface
  Combien ça coûte ?
    
   EVALUATION DES SURCOÛTS


Coût de la mise en place amorti sur 7- 8 ans

Type de Coût
Détails
Coût de la mise en place des bandes enherbées
Préparation du sol :
4 h×44 € soit 176 €/an/ha

Semis manuel :
5h× 10,67 € soit 53,35 €/an/ha

Semences :
40 kg ×6,1 € soit 244 €/an/ha

Total 473,35 €

Amortissement annuel pour une durée de 8 ans  soit 59 €/ha/an sur 8 ans

Coût de l’entretien annuel

herbicides post-levée 50% de la surface
26 €/an/ha

tontes 2 passages× 2h× 44 €
76 €/an/ha

Tolal 102 €/an/ha

Coût total annuel/ha

160 €/h/an



  
   AIDES FINANCIERES



Gel Obligatoire dans le cadre de la PAC :

Actions
Eléments du cahier des charges
Montant de l'aide
Localisation pertinente du gel PAC
Localisation pertinente du gel PAC pendant 5 ans dans des zones à enjeu particulier: protection des cours d'eau, lutte contre l'érosion, fond de vallée
700 F/ha/an
soit 106 €/ha/an

 


Dans le cadre des CTE/CAD :

Actions
Eléments du cahier des charges
Montant de l'aide
Implanter des dispositifs enherbés en remplacement d’une culture arable
Implantation de bandes enherbées : les bandes enherbées devront avoir une largeur minimale de 5 mètres.

Obligations différentes selon justification de la bande (pollution, érosion…)

450 €/ha/an
Implanter des dispositifs enherbés dans les tournières de largeur supérieure à 3 mètres

 

Dans les cultures de vigne : mise en place de bandes enherbées dans les tournières

- surface totale des tournières > 5% de la parcelle

- localisation des bandes sur avis du comité technique viticole

- interdiction des désherbages

106,71 €/ha/an

 

Marge Natura 2000 : 20 %

 


 Champ d'application : grandes cultures, maraîchage, viticulture, arboriculture.
  Pour en savoir plus


Fiche Les zones tampons : haies

Fiche Les zones tampons : ripisylves

Fiche Aménagement des bords de champs

Les dispositifs enherbés-CORPEN-1997



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