Choix du produit

"Le bon produit, à la bonne dose, au bon moment"


Principe
 
Utiliser un produit phytosanitaire adapté à la culture, au type de sol et présentant des caractéristiques
optimales (efficacité, prix, toxicité, écotoxicité, rémanence, mobilité...).
  Objectif
 


En l'abscence de moyen de lutte satisfaisant permis par l'itinéraire technique, un traitement phytosanitaire raisonné efficace permettant de minimiser les risques envers la santé humaine et le milieu naturel.

  Point technique
 
Caractéristiques d'un produit phytosanitaire, définitions


la substance active : toxique efficace sur le parasite à combattre et homologué.

la formulation du produit : les pesticides se présentent sous différentes formes comme : des émulsions concentrées, des granulés, des suspensions concentrées...plus ou moins pratiques à mettre en oeuvre et plus ou moins sûres pour l'utilisateur.

la sélectivité vis à vis des ennemis des cultures : on distingue les produits polyvalents à large champ d'activité et les produits n'agissant que sur un nombre limité d'espèces (par exemple les pucerons).

la toxicité : elle est définie par la DL50 (dose létale 50%) qui correspond à la quantité de toxique qui en une seule absorption en général orale, provoque la mort de 50% des animaux en expérimentation.

la volatilité : aptitude du produit à passer à l'état vapeur.

la fixation sur les colloïdes du sol (Koc): le Koc caractérise la capacité de la substance à être adsorbée par la matière organique du sol. Les argiles peuvent également fixer les produits.

le temps de demi-vie (DT 50) : dans un milieu donné, période nécessaire à la disparition de la moitié du produit appliqué (en jours).

le potentiel de mouvement : GUS (indice de Gustafson). Il indique le potentiel de mouvement d'une substance dans le sol, il dépend du Koc et de la demi-vie.


Ces caractéristiques varient d'un pesticide à l'autre.



Critères de choix d'un produit


Respect de la réglementation : faire l'inventaire des spécialités autorisées pour l'usage choisi et respecter les doses indiquées.

Tout produit phytosanitaire doit être utilisé pour l'usage prévu :

 

- type de culture
- organisme(s) nuisible(s) visé(s)
- dose d'emploi
- type d'utilisation
- délai d'utilisation avant récolte.

Moyens de luttes phytosaniatire permis par l'itinéraire technique (variété, rotation, travail du sol...).


Prise en compte les informations portées sur l'étiquette : toxicité par rapport au milieu, à la faune, aux auxiliaires...

Contraintes du calendrier cultural (jours disponibles, physiologie des cultures).

Equipement disponible.

Aspects économiques (rentabilité de l’opération).

 



Nouvelle liste de molécules autorisées en 2003
voir index phyto 2004
ou Ministère de l'Agriculture

Plaquette ADIVALOR/PHYTOMIEUX : outil pour faire l'inventaire du stock et liste des produits phytosanitaires faisant l'objet d'un retrait d'autorisation en 2003.

 

Attention notamment à:

Refuser tout traitement systématique et ne traiter que si nécessaire.

Evaluer la quantité d'adventices potentielles ou présente (espèces des mauvaises herbes, stade de développement) et la pression parasitaire.

Choisir son produit en fonction de l'efficacité, la sélectivité (vis à vis des ennemis à combattre, des auxiliaires à protéger, sensibilité de la culture à traiter) et le prix du produit.

Prendre en compte le risque de phytotoxicité

Respecter les doses, et connaître les modes d'action et les périodes d'application possibles.

Veiller à l'alternance des produits : elle limite le risque d'apparition des résistances.

Notamment pour les herbicides racinaires, prendre en compte l'état de surface de la parcelle : (type de sol, mode de travail du sol, humidité, qualité du lit de semence, structure et texture).

 

Traiter en préservant l'environnement


Le choix des substances prend en compte les caractéristiques d'usage et de comportement du produit :

 

la date d'application.

  la dose efficace dans un contexte précis.

 

les modalités de circulation de la substance dans le sol .

Certaines substances sont transportées essentiellement dans la phase liquide et d'autres fortement adsorbées, sont véhiculées sur les particules de terre érodées.

Deux types de propriétés caractérisent principalement le comportement des substances actives dans le sol :

- La persistance, appréciée par la DT 50.

Celle -ci est exprimée en jours.
La DT50 caractérise la capacité du produit à persister dans le sol dans des conditions pédoclimatiques données. Plus cette présence est longue, plus la possibilité d'un transfert est important.

La DT50 et donc la persistance varie avec le contexte pédo-climatique.

- L'affinité pour le sol, estimée par le coefficient de partage carbone organique-eau Koc .

Il est exprimé en cm3/g sous forme d'intervalle de valeurs déterminées sur différents types de sols. Le Koc, représente la tendance qu'a le produit à se fixer sur le complexe argilo-humique et à ne pas passer dans la solution du sol.

Un produit caractérisé par un Koc élevé est fortement adsorbé par les colloïdes du sol, ainsi il aura moins tendance à être entraîné par les eaux de ruissellement.

L'interaction des ces deux indicateurs permet d'introduire la notion de potentiel de mouvement (GUS) qui est défini comme l'aptitude du produit à être transporté par les eaux de ruissellement, d'infiltration rapide ou de drainage.

NB : Comme pour la DT 50, le Koc peut fluctuer selon les auteurs et les conditions expérimentales.


Les valeurs moyennes de Koc et de la DT50 sont accessibles sur la base de donnée SIRIS du Comité de liaison " eau-Produits antiparasitaires " disponibles dans les SRPV et les DIREN

 

Le choix du produit se base sur 3 critères :

 

le potentiel de mouvement de la matière active (Koc, DT50, GUS)

la dose/ha, qui condittionne la quantité de résidus susceptible de quitter la parcelle

la solubilité, la mobilité et la persistance, influencent leur potentiel de pénétration du produit vers les eaux souterraines et peuvent orienter le choix.

Le choix dépend également de la vulnérabilité du milieu et de la vulnérabilité des eaux (présence de nappes, densité du réseau hydrographique, type de sol, topographie...).



(source : Syngeta )

 

Traiter en protégeant la santé de l'utilisateur

Prendre en compte les informations sur les précautions et conditions d'emploi du produit portées sur l'étiquette.

Le produit est plus ou moins toxique pour l'applicateur qui, dans tous les cas, doit se protéger tel que préconisé dans les bonnes pratiques d'utilisation des produits phytosanitaires. D'autre part, la santé de l'utilisateur n'est pas qu'une question d'équipements de protection. C'est égalementi une question de comportement (prudence, ordre...) et de pratique (température, vent...).

cf : fiche Protection de l'utilisateur


Traiter en protégeant la santé du consommateur


Des directives européennes fixent pour chaque pesticide et pour chaque aliment concerné, les Limites Maximales de Résidus (LMR) c’est à dire la concentration maximale de résidus admissible compte tenu des bonnes pratiques agricoles, des données de consommation et de la Dose Journalière Admissible (DJA).

La Dose Sans Effet (DSE) est la dose la plus élevée qui, absorbée quotidiennement par l'animal de laboratoire le plus sensible, toute sa vie durant, ne provoque aucun effet observable.

La DJA pour l'homme est calculée à partir de la Dose Sans Effet (DSE) déterminée chez l'animal le plus sensible auquel on affecte un coefficient de sécurité de 100 à 1 000. Elle est exprimée en mg/Kg de poids corporel.

La Quantité Maximale Ingérable, dite "crédit toxicologique", correspond à la DJA x poids standard de l'homme (60 kg). C'est la quantité théorique qu'un homme peut intégrer toute sa vie sans risque.



Les limites maximales de résidus (LMR) de pesticides est la concentration maximale autorisée existant sur et/ou dans une récolte donnée, résultant d'une applications de la spécialité considérée selon les principes des bonnes pratiques agricoles fixées lors de l'autorisation de mise sur le marché du produit phytosanitaire.
Elles sont exprimées en milligrammes de substance par kg de végétaux (mg/kg).

Les L.M.R. attribuées pour un pesticide prennent en compte le régime alimentaire de différents groupes de population et elles sont fixées après confrontation avec les données toxicologiques des produits phytosanitaires.

Les LMR sont dorénavant fixées au niveau européen facilitant ainsi la libre circulation des denrées au sein des Etats membres.

Le risque tient compte à la fois du danger et de la probabilité d'exposition à ce danger pour le consommateur :

 


Le niveau maximal d'exposition du consommateur est déterminé à partir de modèles. On détermine l'Apport Journalier Maximal Théorique (AJMT) pour chaque substance active en fonction de l'ensemble de ses utilisations. Il représente la quantité maximale de résidus qu'un consommateur serait susceptible d'ingérer en fonction des usages de la matière active.


Pour chaque culture pour laquelle une autorisation est demandée, on multiplie les teneurs en résidus ou LMR par le facteur de consommation spécifique de cette culture en kg de végétaux /personne/ jour :

AJMT = somme (LMR culture a, b, c...x consommation/jour culture a,b,c...)

 


L'AJMT ne doit jamais conduire au dépassement du crédit toxicologique déduit de la DJA.

Elle ne renseigne pas sur les interférances potentielles entre substances actives différentes.

  Points forts de la technique
 
Lutte contre les ravageurs et les maladies Traitements plus efficaces car le produit est approprié à la cible
Lutte contre les adventices
Environnement

Risque de pollution diffuse réduit : produit choisi avec Koc élevé et DT 50 basse

Economie

Economies possibles car moins de risque de rattrapage

(produit efficace et sélectif)


  Limites envisageables
 

Nombre de molécules disponibles réduit avec la nouvelle règlementation européenne, pouvant induire des impasses techniques pour certaines cultures spéciales peu courantes

Contraintes de respect des dates, des doses de traitements, des usages

 Champ d'application : Toutes cultures
  Pour en savoir plus



Fiche Traiter dans de bonnes conditions

Fiche Préparation de la bouillie et remplissage du pulvérisateur

Fiche Sécurité du consommateur

Document CORPEN "Désherbage"

Document CORPEN "Techniques d'application et de manipulation des produits phytosanitaires utilisés en agriculture"- 2003"

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