Maîtrise de la dérive
"Pendant le traitement, viser la cible"

Principe
 
On entend par dérive, l'entraînement des fines gouttelettes de pulvérisation par les déplacements d'air. Plus les gouttes sont fines et plus le vent est fort, plus la dérive est importante.

Il s'agit de porter une attention particulière à l'application des produits phytosanitaires, tout spécialement
sur les parcelles à risque (proximité de cours d'eau, de cultures sensibles, de ruchers...) par :

 

- un choix et un réglage minutieux du matériel
- des conditions d'applications favorables

  Objectif
 
Eviter les risques de dérive du produit pour améliorer l'efficacité du traitement et limiter les risques de pollutions et de nuisances pour l'environnement, l'applicateur et le voisinage.

(source : JA n°570)
  Point technique
 
Pourquoi limiter la dérive ?



La dérive diminue l'efficacité du traitement par perte de produit et mauvais ciblage.

La dérive occasionne des nuisances et des pollutions diverses dont l'agriculteur est responsable (pollution eau, phytotoxicité sur les cultures voisines, toxicité sur les ruchers...).

La maîtrise de la dérive passe par :

 

-le choix de bonnes conditions climatiques pendant le traitement.

- le choix des buses qui conditionnent, outre le débit, la dimension et la quantité des gouttelettes susceptibles d'être déplacées par le vent,

-la diminution de la pression dans les buses


Intervenir dans des conditions climatiques favorables




Le thermomètre, l'anémomètre et l'hygromètre sont des outils précieux d'aide à la décision. Avant tout traitement, il faut tenir compte des prévisions météorologiques et vérifier :
  - Traiter seulement en absence de vent (< 10 km/h) pour éviter les dérives vers l'extérieur de la parcelle.
-Ne pas traiter en conditions climatiques défavorables : vent, rosée, température élevée, menaces de pluie
-Traiter le soir ou le matin, à condition qu'il n'y est pas de rosée. Le vent et température sont plus faibles et hygrométrie plus élevée.
     

Les différentes possibilités techniques pour limiter la dérive




- Diminuer la proportion de fines gouttelettes par :

(source : JA n°570)

   

réduire de la pression de pulvérisation pour augmenter la taille moyenne des gouttes.

travailler avec des buses à plus gros débit et l'augmentation de la vitesse d'avancement avec un volume à l'hectare identique.


utiliser des buses à limitation de dérive : elles produisent moins de fines gouttelettes donc moins de sensibilité à la dérive.

On en distingue 4 types : les buses avec pastilles de calibrage, les buses basse pression, les buses miroirs et les buses à injection d'air.


- Exemples de buses -

Forme du jet
Taille des gouttelettes
Dérive
Pression recommandée
faible
2-4 bars
faible
2-4 bars

faible
1-3 bars
très faible
3-7 bars

   

l'utilisation d'un adjuvant (dans certains cas)

Depuis deux ou trois ans, l’intérêt des adjuvants a aussi été mis en avant par les entreprises qui les commercialisent pour réduire les risques de dérive de la pulvérisation.

Les essais menés par ARVALIS -Institut du végétal- confirment cet avantage des adjuvants mais dans des situations bien précises.

Ils ne sont efficaces qu’avec des produits phytosanitaires formulés sous forme de concentré soluble. Avec les autres produits phytosanitaires, il est préférable de privilégier la qualité des buses.

le maintien des volumes/hectare:

Une trop grande réduction des volumes/ha nécessite, pour assurer une bonne couverture, des gouttelettes plus fines.

Les problèmes de dérive augmentent pour des volumes inférieurs à 100 l/ha.



- Accompagnement des gouttelettes par un flux d'air , 2 cas sont envisageables:
    -flux d'air après production de gouttes : un rideau d'air est crée au niveau des buses pour supprimer l'effet du vent, ce flux d'air emporte les gouttes sur la cible.

-flux d'air simultané : un apport d'air comprimé émulsionne les gouttes. Elles peuvent être ainsi compatibles avec des plus faibles volumes.

- Adapter le matériel :
   


Réduire la hauteur de la rampe :

Ajustez la hauteur de la rampe à la hauteur minimale permise par l’équipement, le terrain et la culture. Plus basse est la rampe, moins il y a de dérive.

Vérifiez auprès du fournisseur la hauteur idéale pour le type de buse que vous utilisez.
Des buses à grand angle permettent d’abaisser la rampe tout en conservant le recoupement nécessaire entre les jets. Pour les buses à 110°, la hauteur minimum par rapport à la cible est de 50 cm alors qu’elle est de 70 cm pour les buses à 80°.

Choisir la bonne buse, selon le débit en fonction de la pression recherchée.




Respecter les bords de champs et de cours d'eau



Respectons les bords de champs :

éviter la dérive des herbicides en bout de rang pour maintenir un couvert végétal sur les tournières et les charrois.

éviter les dérives insecticides en bout de rang pour la préservation des auxiliaires et du milieu naturel.

Respectons les bords de cours d'eau:

ne pas traiter à moins de 3m (grandes cultures) et 5m (cultures pérennes) des cours d'eau permanents ou temporaires

respecter les distance de non traitement (Zones Non Traitées) en bordure des cours d'eau prévus lors de l'homologation des produits.




Lire l'étiquette du produit



Elle fournit des informations précieuses sur les :
  - Usages (cultures, type de traitement, organismes visés)
- Doses d'emploi
- Précautions et conditions d'emploi.

(source : CORPEN)

Une forte règlementation des traitements aériens

Afin de limiter les risques de dérive, le traitement phytosanitaire aérien sont extrèmement règlementés. Ils doivent faire l'objet d'une déclaration préalable auprès de l'administration au moins 24 heure avant leur réalisation (arrêté du 5 mars 2004):

Ils sont interdits pour les produits classés T ou T+ (toxiques ou très toxiques).

Une distance de 50m doit être respectée vis à vis:

- des habitations, jardins, bâtiments et parcs d'animaux,

- des points d'eau consommables par les hommes ou les animaux, cours d'eau, litoraux,

- des bassins d'aquacultures et rucher déclarées.



  Points forts de la technique
 
Lutte contre les ravageurs et les maladies Traitements plus efficaces car moins de perte
Lutte contre les adventices
Environnement

Risque de pollution diffuse réduit

Plus grande sécurité pour l'utilisateur

Moins de risque pour les cultures voisines

Economie

·Economies possibles car moins de risque de rattrapage puisque le produit atteint sa cible.

Surcoût des buses anti-dérive très relatif.

  Limites envisageables
 

Surcoût représenté par certains équipements

Organisation du chantier de pulvérisation pas toujours compatible avec l'organisation du travail sur l'exploitation (salariat, polyculture, grande exploitation...)

Contrainte météorologique
  Combien ça coûte ?
    
   INVESTISSEMENTS

Dans la famille des buses anti-dérive : la buse à injection d’air représente le nec plus ultra en terme d’efficacité, mais elle est chère et exige des pressions de fonctionnement assez élevées, de l’ordre de 4 à 5 bars, sous peine de générer des gouttes trop grossières préjudiciables à l’efficacité des traitements.

Le bon compromis technico-économique est représenté par deux autres types de buses anti-dérive : la buse basse pression et la buse à pastille de calibrage, à peine plus coûteuses que les buses classiques. La buse basse pression se conçoit davantage en inox car exigeant un bon état de surface pour garantir un bon angle de pulvérisation. La buse à pastille de calibrage serait par nature plus sensible au risque de bouchage. Côté matériau, si l’inox est précis, la céramique est résistante.

Il est difficile de donner un prix moyen car variable selon les distributeurs, selon les matériaux choisis...Les prix varient de 2€ à 15 € par buse.
  
   AIDES FINANCIERES
x
 Champ d'application : grandes cultures, maraîchage, viticulture, arboriculture.
  Pour en savoir plus



Fiche Contrôle et réglage du pulvérisateur

Fiche Bandes enherbées

Fiche Aménagement des bords de champs

Fiche Traiter dans de Bonnes conditions

Fiche Lecture de l'étiquette du produit

Accueil Liste fiches techniques