Contrôle et réglage du pulvérisateur

Principe
 
Le contrôle et réglage du pulvérisateur permet d'optimiser la qualité du traitement et minimiser les impacts sur le milieu.
  Objectif
 
Mettre en place une procédure efficace de contrôle et de réglage du pulvérisateur

  Point technique
 
Le contrôle du pulvérisateur en début de saison


Les différents points à observer sur les appareils à rampe horizontale ou verticale:
 

- Pression du circuit et localisation des fuites : contrôle du manomètre (1), état de la membrane de la cloche à air (2).

- Pompe (3)

- Filtration : état des filtres (4) et adéquation avec les buses utilisées

- Buses (8) - équidistance, orientation, homogénéité et débit du jeu de buses- et antigouttes (5)

- Tuyaux (6) : absence de plis et de raccords, tuyauterie conforme à l'original

- Rampes (7) : rectitude, état des articulations et de la structure, appréciation de la stabilité

- Eléments de sécurité (protège cardan)

-Fonctionnement de la régulation, réglage des retours en cuve

 


Exemple pour une pulvérisateur "grandes cultures"
(source : Chambre d'agriculture Nord-Pas de calais-Phytomieux 1999)

Contrôle du pulvérisateur en fonctionnement statique :
 


Mise en marche du pulvérisateur rempli d'eau pour détecter la présence de fuites (pompe, antigouttes) et vérifier l'état des circuits hydrauliques en activant les commandes.

Contrôle de la pression
Pourquoi? La pression intervient sur la répartition du produit (taille des gouttelettes) et le volume de bouillie appliqué.
Comment?


Fixer un manomètre "étalon" en bout de rampe sur la dernière buse :


exemple de manomètre

-faire pulvériser l'ensemble de la rampe.

-relever la pression du manomètre "étalon" et du manomètre de l'appareil , et calculer l'écart entre les 2 valeurs pour 3 pressions différentes.

Résultat et décision
Si la différence entre la valeur donnée par le manomètre de l'appareil et celle donnée par le manomètre étalon est significative (au delà de + ou - de 10%, fonction du matériel) , il faut remettre en état le système de mise en pression du pulvérisateur.


Contrôle du débit des buses
Pourquoi? Pour contribuer à une répartition homogène du produit le long de la rampe.
Comment?


-mettre en route la pulvérisation à une pression choisie.

-effectuer pour chaque buse la mesure des quantités d'eau écoulée pendant un temps t (ex : 1 minute) avec une éprouvette graduée, ou un comparateur de débit à lecture directe...

Débi (l /mn) = Volume mesuré (l) x 60 / temps défini (mn)


Exemple de manipulation avec un pot gradué

Résultat et décision
Si la différence entre la valeur trouvée et celle d'une buse neuve est supérieure à + ou - 10%, il faut remplacer la buse.


Contrôle de la qualité de la répartition de la pulvérisation
Pourquoi? Pour assurer une répartition régulière sur toute la surface traitée afin que le traitement soit efficace.
Comment?

Plusieures méthodes sont possibles:

-banc de répartition
-pulvérisation sur une surface sèche et homogène
-utilisation de papier hydrosensible

 

Contrôle de la qualité des impacts de la pulvérisation
Pourquoi? La taille des gouttelettes et leur densité sur la cible contribue à l'efficacité du traitement : nombre de gouttelettes par cm² de végétation.
Comment?

- A l'aide d'un papier hydrosensible qui vire au marron ou au bleu lors de l'impact des gouttelettes.


exemple de résultats avec papier hydrosensible

1) Installation des papiers hydrosensibles dans la végétation ou sur le sol pour les herbicides de pré-levée, avant la pulvérisation.
2)Pulvérisation
3)Récupération et séchage des papiers
4)Comparaison visuelle avec des papiers témoins.

Résultat et décision

Pour beaucoup de traitements, en dessous de 20 impacts par cm² le résultat du traitement n'est pas assuré.

Inversement il ne faut pas que le nombre d'impacts par cm² soit trop élevé pour éviter la coalescence des gouttelettes et donc le ruissellement du produit sur le feuillage.

Pour faire varier la dimension des gouttelettes, on peut agir sur :
-le type de buse (à turbulence, à fente, à miroir)
-la dimension de l'orifice de la buse
-l'angle de jet de pulvérisation
-la pression à la buse

 


Comment régler correctement son pulvérisateur? (Etalonnage)


Choisir un volume de bouillie/ha : en fonction du matériel utilisé, du type de produit, des performances de chantiers recherchées, de la qualité de la répartition recherchée.

V = (D x 600) / (v x L)

V = volume/ ha en l/ha
D=débit total des buses (en l/mn)
600 = coefficient d'ajustement des unités
v = vitesse d'avancement en (km/h)
l = largeur en mètre
Mesurer la vitesse d'avancement : veiller à suivre une vitesse conseillée selon le type de matériel
 
-mesurer une distance d'au moins 30m en ligne droite

-enclencher le rapport de vitesse choisi

-tourner au régime prise de force préconisé par le constructeur.

-chronométrer le temps mis pour parcourir la distance avec une cuve à moitié remplie et sans modifier le régime moteur.


(source : CORPEN)



Vitesse en km/h = (d x 3,6) / t

d =distance en mètres
t =temps en secondes



Calculer le débit nécessaire par buse pour obtenir le volume/ha choisi :

Débit buse en l/min = (Vx v x l )/ (600 x n buses)


V=Volume en l/ha
v=vitesse km/h
l=largeur en mètres
n=nombre de buses

Choisir ensuite le couple buse/pression pour délivrer le débit désiré :

Chaque buse est étudiée pour fonctionner dans une plage de pression bien définie :

 
Buse fente
Buse miroir
Buse 3 filets
Buse à turbulence
Type de buse choisi
Pression
2 - 4 bar
1-3 bar
1-3 bar
2-6 bar

Chaque fabricant de buses ou constructeur de pulvérisateur publie un tableau de correspondance entre la pression à la buse et le débit en l/min, avec un code couleur correspondant. Ainsi on peut choisir la buse pour obtenir le débit désiré.





Contrôler le débit de pulvérisation des buses: comparaison du débit calculé au débit mesuré :

Ajuster la pression pour obtenir le débit désiré.

Une erreur de 10% de débit en plus représente
une perte de 15 € à l'hectare, plus les risques pour l'environnement...


Optimiser la pulvérisation et la couverture de la végétation : en réglant la hauteur de la rampe et les organes de pulvérisation.

Le réglage de la hauteur de la rampe se fait toujours par rapport au niveau supérieur de la surface à traiter (sol nu ou couvert végétal). Il s'agit de trouver un compromis entre bonne répartition (recroisement correct de 2 jets contigus) et limitation de la dérive en étant le plus près possible de la cible.

Angle de pulvérisation
Hauteur de la rampe
80 °
de 70 cm à 1 m
110°
de 50 à 70 cm



Le réglage des organes de pulvérisation se fait en réglant l'orientation des buses par exemple.

Contrôler sur la parcelle l'étalonnage théorique

Vérifier sur la parcelle l'étalonnage théorique par l'évaluation du volume pulvérisé sur une surface connue.


Les équipements au service de l'environnement


Les systèmes de suspension au service de la stabilité pour avoir une bonne répartition



La précision par le choix de la buse (limitation dérive)

La régulation électronique au service de la répartition du produit :

Les systèmes de régulation ont pour but de prérégler, de contrôler et de maintenir constant le volume/ha désiré quelque soit les variations du terrain et le régime moteur.

On distingue :

  -les systèmes à débit proportionnel au régime (DPM) dont la vitesse varie avec l'accélération du moteur, et le débit de la pompe avec le régime du moteur.
ecompensation des variations d'avancement du régime moteur

- les systèmes à débit proportionnel à l'avancement (DPA) dont le débit des buses est proportionnel à la vitesse d'avancement.
ecorrection des variations d'avancement.


-système de régulation électronique-

  Points forts de la technique
 

Lutte contre les ravageurs et les maladies Traitements plus efficaces car le produit atteint sa cible
Lutte contre les adventices
Environnement

Risque de pollution diffuse réduit (phénomène de dérive réduit)

Sécurité de l'utilisateur améliorée

Economie

Economies possibles car moins de risque de rattrapage puisque le produit atteint sa cible.

Surcôut des buses anti-dérive très relatif.

  Limites envisageables
 

Contrainte annuelle pour l'agriculteur (contrôle et étalonnage)

Nécessité d'une prestation pour le contrôle

  Combien ça coûte ?


Type de coûts
Détails
Prix du contrôle d'un pulvérisateur auprès d'un organisme certifié en grandes cultures
-selon la largeur de la rampe :

jusqu'à 20 mètres : 46 €
de 21 à 29 mètres : 62 €
plus de 30 mètres : 77 €

-contrôle du jeu de buses :
15 €

(source : Perspectives agricoles n°284-novembre 2002)
  
   AIDES FINANCIERES
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 Champ d'application : grandes cultures, viticulture,maraîchage, arboriculture.
  Pour en savoir plus


Fiche d'étalonnage du pulvérisateur


Fiche Maîtrise de la dérive

Document CORPEN "Techniques d'application et de manipulation des produits phytosanitaires utilisés en agriculture"- 2003


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