Désinfection des sols(1) :
La solarisation

Principe
 

Utiliser l'effet thermique d'un film polyéthylène posé sur le sol.

La solarisation est une désinfection solaire du sol, obtenue en recouvrant celui-ci d'un film plastique transparent . Avant la pose du plastique le sol doit être préparé et humidifié comme pour la réalisation d'un semis. La bâche plastique assure la transmission du rayonnement solaire au sol et permet l'élévation de la température au-delà de 40°C. L'eau stockée assure la transmission en profondeur par conduction.
Elle permet aussi la réactivation des formes de conservation des champignons et la mise en germination des graines d'adventices rendant ainsi ceux-ci plus vulnérables.

  Objectif
 

Désinfecter les sols par solarisation permet principalement de protéger les cultures des attaques de champignons telluriques et de l'envahissement par les adventices.

L'efficacité semble souvent insuffisante pour lutter contre les nématodes phytophages si elle n'est pas combinée à d'autres techniques : doses réduites de fumigants.

  Point technique
  La solarisation est un moyen de détruire les mauvaises herbes en germination.

NB : Il est à noter que cette solarisation n’a rien à voir avec la « solarisation par revêtement réfléchissant», utilisée pour le mûrissement en viticulture.


Règles de base pour la réussite de la solarisation


Une durée et une intensité d'ensoleillement suffisantes : 250 heures.

L'intensité lumineuse doit permettre d'obtenir une élévation rapide de la température dans les 3 premiers jours qui suivent la pose de la bâche plastique.

Un film plastique adapté. Il n'est pas nécessaire que le film soit très épais, mais, par contre, il devra être traité anti-UV.

La qualité de la pose est importante, en particulier la tension.

Un sol bien préparé. Cette précaution devra, d'une part, éviter tous les tassements qui empêchent une bonne circulation de la chaleur et, d'autre part, le sol devra être à la capacité au champ. Les dessèchements superficiels sont la cause d'un mauvais transfert de la chaleur.

Le travail du sol après solarisation doit tenir compte de la profondeur désinfectée. La reprise du sol devra donc être superficielle afin de ne pas remonter de terre non « solarisée ».
 

Conditions générales de mise en oeuvre : de la rigueur dans la pratique



  1. Ne pas faire de culture sur le sol à traiter en fin de printemps et/ou été.

2. Bêcher en visant l'obtention d'une structure la moins motteuse possible.

3. Faire un plein en eau du sol (capacité au champ). En sol léger, il peut être nécessaire de refaire un plein en cours de solarisation.

4. Pour capter un maximum de chaleur, désherber les bordures et, sous serre, ne pas blanchir les couvertures.

5. Couvrir avec un film PE transparent de 30 à 50 µm d'épaisseur traité anti-UV et tendre la bâche en la buttant.

6. Durée de couverture optimum : 2 mois consécutifs (1mois au minimum pour effet herbicide, jusqu'à deux mois pour effet fongicide maximum).

7. Epoque possible pour débuter une solarisation : mai à juillet inclus.

8. Précaution sous abris : ouvrir en permanence pour éviter d'endommager le réseau d'irrigation sous l'effet de la chaleur.

9. En condition optimales, on peut escompter atteindre une température de 40°C à 25 cm de profondeur.

10. Après la solarisation, contrôler la teneur en azote nitrique du sol qui peut augmenter de façon importante. En l'absence de mesure n'effectuer aucun apport azoté avant la mise en place de la culture.

11. Avant la mise en culture, débâcher au dernier moment, sinon le sol tend à durcir.

12. Avant plantation ou semis, ne travailler le sol que superficiellement pour éviter de ramener en surface des graines d'adventices non détruites par la solarisation.

 

Les trois étapes de la solarisation (AGRIPHYTO MEDITERRANEE/CIVAM BIO LANGUEDOC ROUSSILLON)



Une tentative d'amélioration : la biodésinfection


La durée d'ensoleillement constitue une forte limite à la solarisation. C'est pourquoi est actuellement en cours d'expérimentation une méthode de biodésinfection, qui consiste à utiliser les propriétés de certaines espèces végétales, notamment leur composition biochimique.
 
1) Cette technique consiste à incorporer au sol, après l'avoir broyé, un engrais vert de type crucifère (radis fourrager...) produit sur la parcelle, avant de travailler le sol pour mettre en place la solarisation.

2) La décomposition de la matière fraîche des crucifères conduit à des modifications de l'atmosphère du sol (augmentation du CO2, baisse de l'O2 et libération d'isothiocyanate à effet fongicide).

3) Il est nécessaire d'incorporer une quantité de matière fraîche importante (objectif 80 tonnes /ha). Cette technique en cours d'expérimentation en plein champ dans la région Rhône-Alpes donne des résultats encourageants sous abris en Normandie (Sileban), elle a pour inconvénient d'allonger la période d'immobilisation du sol et pose le problème de la lutte contre les altises.

     


  Points forts de la technique
 

Lutte contre les ravageurs et les maladies   Réduction des pathogènes et ravageurs du sol
ex : Olpidium, Botrytis, nématodes, Verticillium, Fusarium.
Lutte contre les adventices Bonne efficacité contre les adventices annuelles

Diminution du stock de graines du sol
Environnement

Non toxique et non rémanent



  Limites envisageables
 

Nécessite un ensoleillement important

Immobilise la parcelle pendant 30 jours pour le désherbage, 45 jours sous abris et 60 jours en plein champ pour obtenir une action fongicide.

Efficacité faible sur renoncule des champs, pourpier...
Elimination des films plastiques
Exigeant en temps pour l'application


  Combien ça coûte ?
    
   EVALUATION DES COÛTS

Si cette méthode nécessite beaucoup temps, elle présente l'avantage d'être moins coûteuse que la désinfection vapeur - environ 900 €/ha.
  
   AIDES FINANCIERES



Dans le cadre des CTE/CAD


Actions
Eléments du cahier des charges
Montant de l'aide
ACTION 8.4

Remplacer le désherbage chimique par un désherbage mécanique ou thermique (par extension solarisation)

Tournesol non éligible : nécessité de lutter contre l’ambroisie, plante allergisante.

 


- sur cultures pérennes

182,94 €/ha/an

 

- sur cultures légumières

140,25 €/ha/an

 Champ d'application : maraîchage
  Pour en savoir plus

Fiche Désinfection vapeur

Fiches techniques du GRAB "Désinfection vapeur et solarisation"

Fiche PEP de la SERAIL "Le désherbage en maraîchage biologique : principes de base matériel et techniques"



Accueil Liste fiches techniques